
Bio
Iris Gallarotti, artiste plasticienne née en 1975, est diplômée des Beaux-Arts de Paris et de la Haute École d’Art et de Design (HEAD) de Genève, et agrégée d’Arts plastiques. Elle vit et travaille à Bagnolet et enseigne les Arts Plastiques à l’Université Bordeaux Montaigne.
Depuis la fin des années 1990, son travail s’articule à partir d’un questionnement de l’image, dans une recherche autour du corps, de la mémoire et des traumas invisibles. Elle présente ses premières vidéos en Suisse dès 1998, puis bénéficie en 2003 d’une résidence à Art Center College of Design de Los Angeles, où elle conçoit une partie de l’installation multi-écrans De l’autre côté.
Ses oeuvres ont été exposées en France et à l’international, notamment au Palais de Tokyo (Paris), au Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie, au Palais de la Porte Dorée (Algues Marines, 2022–2023) ou encore au Musée d’Art Moderne de Busan (Corée du Sud). En janvier 2024, elle réalise une installation in situ pour la galerie Le Hublot à Ivry-sur-Seine, en juillet 2024, elle conçoit une exposition duo avec l’artiste suisse Julien Babel à Genève et en mars 2026 elle expose plusieurs pièces de son projet «Abimes» au 59Rivoli Galerie lors de l’exposition «L’élan vital».
Iris Gallarotti poursuit aujourd’hui un travail plastique hybride, mêlant photographie, dessin et dispositifs sculpturaux, dans une approche de l’image à la fois raisonnée et sensible.
Démarche
Depuis sa première vidéo Mascarades jusqu’aux récentes propositions photographiques du projet Abimes, Iris Gallarotti construit une recherche plastique qui interroge la nature même de l’image et explore la question du corps, et plus précisément celui traversé par les traumas. Pour se faire, sa démarche artistique s’enracine dans des élément biographiques, qu’elle ne livre jamais frontalement, mais qui deviennent la matière première d’une pratique explorant les formes du dessin, de la gravure, de la vidéo, de l’installation et particulièrement, de la photographie. Elle redonne ainsi au corps féminin une visibilité, une place, en affirmant sa complexité et sa puissance politique.
Chaque réalisation est à envisager comme un corps à part entière, une entité singulière, mais morcelée, multiple, faite de surfaces sensibles que l’artiste traite comme des peaux. Ces images corps, élaborées par les procédés du collage, de la (dé)coupe et de l’hybridation — notamment entre photographie et dessin — révèlent, par leur matérialité, les traces d’une mémoire silencieuse. Les images ne sont plus simplement des artefcats à regarder, elles ont été au préalable éprouvées par le faire et les gestes de l’artiste. Cette pratique du fragment et de l’assemblage lui permet d’élaborer des espaces complexes où se rejouent, entre surfaces et profondeur, l’intégrité du corps et la force de sa reconstruction.
Iris Gallarotti crée des formes plastiques poétiques et tangibles, où se tissent l’intime et l’universel, le visible et l’invisible, faisant émerger ce qui n’a pas de langage — blessures enfouies, non-dits, identités en recomposition. Elle construit un langage singulier où l’image ne se contente pas de figurer, mais consiste à faire entendre cequi, longtemps, est resté tu : elle incarne. L’image devenant ainsi « une partie de ce qu’elle représente, un prolongement visible dans l’espace et dans le temps du référent dont elle est comme une émanation» (Philippe Descola, Les Formes du visible).